En route pour l'inconnu

Yogui autour du monde

Cairns et ses environs

Ambiance musicale : Down under – Men at work

Alors que je me promenais tranquillement en fin de journée dans un jardin de Tokyo, la veille de mon vol pour l’Australie, une réalité m’a brusquement rattrapé. Une de celles qu’on est capable d’oublier après avoir passé quinze jours à plusieurs, sur un rythme effréné, où seul l’instant comptait, ou après des péripéties comme celles que je venais de vivre la nuit précédente.

L’application du Ministère français des Affaires Étrangères était formelle : j’avais besoin d’un visa pour entrer en Australie, et la demande pouvait prendre entre trois et dix jours. C’était le eVisitor, il était gratuit et valable pour une durée de trois mois.

Ma réaction instinctive, celle inscrite en moi, a été de m’en vouloir, me demandant comment j’avais pu passer à côté d’un basique pareil. En même temps, je pensais déjà aux plans que ça remettait en cause et faisais l’addition des frais que ça allait engendrer, entre la perte du billet d’avion et l’achat d’un nouveau, et l’hébergement additionnel.

Puis mon apprentissage de voyage m’a fait relativiser : voilà un challenge qu’il fallait affronter, et être en colère contre moi-même n’allait pas m’aider. J’ai donc rejoint l’auberge en souriant, me moquant de mon erreur et me rappelant que, dans le pire des cas, j’allais « seulement » y laisser des plumes financières et devoir composer avec une nouvelle situation.

Une fois en face du site australien de l’Immigration, celui-ci m’annonçait qu’il était en maintenance jusqu’au lendemain. Je n’avais pas encore perdu mon billet, mais je m’en rapprochais fermement… Et pourtant, la demande est arrivée à son terme, et comme il s’agissait plus d’une formalité que d’une réelle vérification de ma déclaration, l’e-mail libérateur est arrivé quelques minutes après, me souhaitant la bienvenue prochaine dans le pays.

C’est donc léger et reconnaissant que j’ai atterri à Cairns, ce matin de novembre, dans une ambiance tropicale, entre petites averses et soleil agressif. Les retrouvailles pouvaient avoir lieu comme programmées : la découverte et la descente d’une partie de la côte Est se feraient avec Jean-Charles et Mélina.

La première demi-journée ensemble s’est restreinte à un résumé de nos expériences respectives, nos tracés de long voyage empruntant parfois les mêmes chemins. Des jugs de bière ont accompagné les échanges, la ville étant réputée pour son accueil des backpackers, avec tous les bars, clubs et logements adéquats.

 

Cairns est pour certains la fin d’un long voyage, en remontant toute la côte. Pour moi, c’était le tout début de l’aventure, dans le Queensland. Comme de nombreuses villes ici, elle arborait une superbe esplanade encadrée de palmiers, un lagon artificiel pour la baignade et tous les équipements nécessaires pour terminer la journée autour d’un barbecue au bord de la mer de Corail. « Living the dream, right ?! »

Les chauves-souris et les pélicans faisaient aussi partie du décor.

 

Les promenades dans la ville m’ont fait apparaitre un trait caractéristique du nouveau monde anglo-saxon : le quadrillage parfait des rues, toutes perpendiculaires entre elles. Comme il n’était pas nécessaire de se serrer par manque de place, la ville s’étend sur des kilomètres alors qu’elle aurait été beaucoup plus ramassée en Europe.

La balade dans les jardins botaniques nous a révélés une végétation riche, tropicale, au milieu des chants du whip bird. Les indications fournies ici ainsi que divers guides sur internet nous ont donné une idée du pays dans lequel nous venions de mettre les pieds : neuf des dix animaux les plus dangereux au monde (mortels) se trouvaient en Australie.

 

Cairns est connue pour être une des portes d’accès à la Grande Barrière de Corail. Ce récif, exclusivement fait d’organismes vivants, s’étend sur plus de deux mille kilomètres, du sud de la Papouasie-Nouvelle Guinée jusqu’au sud du Tropique du Capricorne.

Mon certificat de plongée en poche, je voulais absolument aller la voir, en-dessous de la surface. Après avoir choisi parmi un immense éventail d’opérateurs, j’ai embarqué sur un (très) gros bateau en direction de la partie extérieure de la barrière.

De la surface, on devinait assez bien la structure massive, très peu profonde et de couleur différente. Une fois sous l’eau, l’expérience ne s’est pas avérée aussi belle que j’avais pu l’imaginer. Sans doute les attentes étaient trop élevées.

Le côté « machine à sous » de l’excursion, avec des plongées nombreuses, très courtes et enchainées rapidement, et le respect discutable de l’environnement par les instructeurs (celui que je suivais a carrément cassé un bout de corail avec sa palme) ont entaché la sortie en mer.

Malgré cela et une visibilité limitée, nous avons réussi à observer un requin à pointe blanche et une tortue verte, au milieu de quelques poissons. Les coraux semblaient avoir pas mal souffert, que ce soit avec le cyclone de 2008, la crème solaire des touristes ou les pesticides utilisés dans les champs de canne à sucre qui se retrouvaient dans la Mer de Corail, avec le ruissellement.

D’ailleurs, l’Australie vient de lancer un appel aux chercheurs du monde entier pour trouver des solutions pour sauver la Barrière, avec un budget de deux millions de dollars. Le fait qu’elle soit en danger est bel et bien une réalité.

 

 

Le lendemain, nous nous sommes rendus à Kuranda, toute petite localité dont la forêt tropicale dense, verte intense, aux énormes feuilles, abritait les chutes de Barron. Le retour a été l’occasion de tester pour la toute première fois le stop, ici et à trois. Trois voitures différentes ont été nécessaires pour parcourir les trente kilomètres séparant les 2 villes.

 

Galvanisés par notre expérience de la veille, nous avons ensuite quitté Cairns pour Babinda en faisant du stop, mais en ajoutant nos sacs dans la balance. C’est encore avec trois voitures que nous avons pu atteindre les fameux boulders, et le camping gratuit. Car, oui, c’était décidé : ces deux moyens seraient autant que possible nos solutions de transport et de logement.

Une baignade bien méritée nous attendait et des oiseaux curieux sont venus inspecter le montage de la tente.

 

A chaque jour, son challenge. En étant positionné dans un cul-de-sac, nous en tenions un bon. Mais là encore, les Australiens ont répondu présent, puisque tous ceux qui nous ont emmenés aux chutes de Joséphine et ramenés à Babinda ont fait demi-tour après nous avoir dépassés, pour pouvoir nous prendre en charge.

Le lieu était très agréable, avec ses espaces de baignade et ses toboggans naturels.

 

De retour au « centre » de Babinda, nous avons passé la nuit dans un nouveau camping gratuit, et toujours avec la pluie. Le lendemain, nous avons appris que nous étions simplement dans la « ville parapluie », la ville la plus humide du pays avec entre 6 et 7 mètres de précipitations par an…

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  1. Niiice…🌴🥥 coconut water, no added sugar…👍🏿

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