En route pour l'inconnu

Yogui autour du monde

Mindat et ses femmes au visage tatoué

Ambiance musicale : Shine on my way – Diva Faune

Après avoir bien pris le soleil sur la plaine, et laissé Aurélie poursuivre son voyage, j’ai décidé de monter un peu en altitude, dans l’Etat Chin, à Mindat. Je pouvais ainsi prétendre échapper à l’agitation touristique de ces derniers jours, dans ce havre de paix.

Le village est en effet perché sur la montagne. Je savais que j’avais des chances de voir des femmes au visage tatoué dans ce coin, que je me rapprochais du Mont Victoria et que je pourrai peut-être m’y balader, mais je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en allant là-bas.

Une véritable expédition m’attendait pour me rendre dans ce coin. J’ai pu goûter à la place passager, à l’avant du minivan et déclencher des sourires du conducteur à chaque fois que je rangeais mon bras devant l’imminence d’un croisement avec un autre véhicule, tant l’espace me semblait manquer, ou que j’avais des frayeurs devant la vitesse à laquelle nous traversions les villages, tout klaxon dehors. « Ne t’inquiète pas ! », qu’il me disait…

 

Juste avant la pause déjeuner et son curry fort apprécié (entouré de pas moins de treize plats), nous avons croisé un groupe d’hommes autour d’un bosquet, tous d’un air agité et une pierre à la main. Apparemment, le serpent menaçait un peu trop le village et sa mise à mort avait été décidée.

Le temps, qui était clément jusque-là, a brutalement changé au fur et à mesure que nous nous élevions, et c’est sous des trombes d’eau que nous sommes arrivés. Un épais brouillard réduisait considérablement la vue. Après tout ce temps passé dans le minivan, j’espérais forcément un accueil plus sympathique. Mais ce sont les gens qui allaient me l’offrir un peu plus tard…

Après avoir sécurisé mon auberge, une des rares acceptant les étrangers, mais très exposée au haut-parleur diffusant la musique ou les prières, je suis parti à la découverte du coin. Je ne passais pas inaperçu, et j’ai rapidement eu le droit à quelques sourires ou salutations. On m’a même arrêté pour m’offrir quelques fruits.

 

Bien sûr, les échanges étaient souvent limités, l’anglais n’étant pas si commun, mais ils étaient authentiques. J’ai été surpris de voir trois églises, pour si peu de croyants possibles, et après autant de manifestations de foi bouddhiste, dans tout le pays.

Près de l’une d’elle, j’ai discuté pendant un bon moment avec une personne âgée, chrétienne, pour qui la situation ici était simple : ils étaient « pauvres mais heureux ». En montrant d’où je venais sur la carte, il a enchainé avec différents pays et nous avons ainsi balayé du doigt la quasi-intégralité du monde, comme un vrai cours de géographie de rue !

En continuant dans cette direction, j’ai fini par rencontrer un frère, qui m’a invité à la messe et expliqué qu’il y avait ici deux frères, deux prêtres et cinq sœurs au couvent.

Plus tard, ce sont des enfants qui allaient fêter mon passage dans la rue, m’offrant de grands sourires et une séance photo en bonne et due forme. Enfin, après avoir mangé un peu tardivement dans le restaurant du coin et que tout soit devenu très sombre, c’est mon voisin de table qui m’a ramené à l’auberge. Autant d’exemples et de confirmation de ce que m’avait dit le vieillard.

 

Le lendemain, et après avoir appris que je n’étais pas du bon côté pour aller au Mont Victoria (et que ce n’était de toute façon pas la bonne saison, vu le temps encore capricieux), je suis allé me promener un peu plus en contrebas et j’ai fini par rencontrer ces femmes dont la tradition voulait qu’elles soient tatouées pendant leur adolescence.

Le visage étant un endroit très sensible, ce rite leur laissait souvent d’horribles souvenirs et a fini par être interdit par les autorités. Ainsi, ce ne sont que des femmes d’un certain âge qui le portent.

En m’approchant de l’une d’elles, elle est soudainement partie s’apprêter et porter l’habit de sa tribu. Toilette rapide effectuée, thanaka appliqué, fleurs ramassées : elle était maintenant prête. C’est plus tard que j’ai compris que la démarche était légèrement intéressée, quelques kyats étant appréciés.

 

J’en recroisai encore quelques-unes autour du marché, avant de m’en aller.

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  1. Marilou

    Superbe la deuxième photo des enfants, j’ai l’impression de me voir quand je t’agrippe !! Ahahah

    • Haha ! Je ne crois pas que c’étaient des frères et sœurs mais il y a une vraie ressemblance sur la façon de se donner l’accolade ! 😉

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