En route pour l'inconnu

Yogui autour du monde

Xi’an, sa nourriture de rue et ses guerriers enterrés

Ambiance musicale : Heart of courage – Thomas Bergersen

Il était l’heure de quitter la capitale, et pour cela, d’emprunter le train. La réservation de billets n’étant pas vraiment ouverte sur internet (site en chinois, n’acceptant que les cartes chinoises UnionPay), il a fallu se débrouiller autrement et laisser quelques dollars de commission pour ce premier test. Le nombre de gares dans Pékin et l’agitation qui y règne rendaient cela nécessaire.

Les différents et nombreux comptoirs, pour retirer le billet ou atteindre les salles d’attente, les zones de contrôle de sécurité et le stress des gens pour avoir leur train me laissaient penser que ce n’aurait pas été pire si j’avais été à l’aéroport.

 

Je n’ai pas pu m’empêcher d’observer quelques différences avec la Russie et la Chine, et notamment le fait que les gens fumaient allègrement entre les wagons, que les vendeurs étaient omniprésents et hélaient pour vendre leurs snacks, repas et que tout le monde s’est rapidement couché (même si c’était un train de jour), sans chercher le moins du monde le contact avec son voisin direct.

Xi’an est une ville chargée d’histoire qui a eu son heure de gloire avant le Xème siècle. La muraille est bien conservée et là pour le rappeler.

 

Demeure des premiers empereurs, capitale politique, c’était aussi, à un moment, le terminus de la Route de la Soie.

Cela explique donc une partie de ses caractéristiques, et notamment son melting pot particulier. Le quartier musulman tient une grande place dans l’animation de la ville et c’est l’endroit incontournable pour poser ses valises et s’imprégner de toute la culture culinaire de cette région.

Pour ma part, c’était quelque peu inattendu de me faire réveiller par les appels à la prière d’un muezzin en Chine et d’observer des femmes aux yeux bridés porter le voile.

 

Quelle effervescence à l’heure des repas ! C’est une marée humaine qui s’empare de ces rues, et pour causes : les goûts des plats sont nombreux (salés, épicés, sucrés), les cuissons sont différentes (à la vapeur, au feu, au bouillon), et les textures sont diverses (gluant, croustillant, pâteux, fondant).

 

Les nombreux touristes chinois ne s’y sont pas trompés : c’est bien ici qu’ils viennent observer, goûter, filmer ce qu’ils ne trouvent pas dans leur province respective. La Chine est si grande et les spécialités si nombreuses que je ne me suis pas moins senti à la découverte de nouvelles choses que certains nationaux. Pour quelques-uns, le dépaysement était même double quand ils me voyaient : il fallait donc immortaliser l’instant, avec le plat mis en évidence, le « fa guo » qui se tient à côté et les nombreux gestes « Peace ».

Les ruelles étaient saturées, les bruits constants, les scooters électriques et autres engins utilitaires se frayaient quand même un chemin tant bien que mal : c’était une lutte sans merci pour le passage de chacun, et ce n’est qu’après vingt-deux heures que la rue retrouvait un calme relatif.

 

Quand cela m’est apparu trop oppressant (à quelques occasions), j’ai préféré m’éloigner et observer d’autres passions pour lesquelles les locaux n’étaient pas en reste. Ils jouaient avec une ferveur telle que c’en était un vrai spectacle.

 

Après avoir bien profité de l’intérieur de la ville, je me suis rendu sur le site du mausolée de l’empereur Qin Shi Huang et de son armée enterrée de guerriers en terre cuite. Le premier empereur de Chine, il y a deux millénaires de cela, aurait souhaité continuer à régner comme il l’avait fait sur terre, et aurait naturellement « emmené » son armée avec lui, pour la vie après la vie…

Qu’importe si l’hypothèse est la bonne, cette découverte archéologique n’en demeure pas moins l’une des plus importantes au niveau mondial, et comme souvent, cela s’est fait par la grâce du hasard : les paysans creusant leur puits, au milieu des années soixante-dix, ne s’attendaient sûrement pas à ça…

Cet ensemble est frappant à plusieurs égards. Les guerriers, leurs animaux, leurs armes et leurs chars sont remarquablement bien conservés, ils sont à taille réelle, mais surtout, il n’y a pas un seul humain qui ait le même visage, les mêmes cheveux, la même expression !

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  1. Estève

    On a bien t’attendre tes posts même si c’est légèrement angoissant de n’avoir pas eu de tes nouvelles la semaine passée…

    Magnifiques toutes ces photos et ta découverte de ces nouvelles contrées !!!

    A suivre

    • Eh oui, une mauvaise connexion alliée à un VPN qui ralentit encore le process ne me permettaient pas de publier des nouvelles régulièrement. Mais rassure-toi, « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ou nouvelles qui arriveront plus tard ! 🤗

  2. fred M.

    J avais zappé ce post. Je me rattrappe. Tu aurais pu dormir chez.mon pote gountorbe qui habite la bas en ce moment.

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