En route pour l'inconnu

Yogui autour du monde

Punta Arenas, porte d’entrée sur le continent sud-américain

Ambiance musicale : Freeze me – Death from above 1979

D’une façon générale, j’aime le voyage en avion. Il est porteur de promesses : le dépaysement, les espaces à découvrir et la vue depuis le ciel. D’un autre côté, je me suis restreint à ne le prendre qu’en cas de nécessité, sur un même continent, afin d’éviter les accrocs écologiques, économiques et de mieux observer les transitions de paysages et de population.

En cette fin février, les données étaient assez claires : même si rien n’est impossible, c’est bien en avion que j’ai rejoint l’Amérique du Sud, et plus précisément Puntas Arenas, dans sa pointe sud, dans la région de Magallanes et de l’Antarctique chilien.

Cet avion, en plus des habituelles réjouissances qu’il procure, m’a fait découvrir le voyage dans le temps, dans le passé en l’occurrence. Grâce à la magie des fuseaux horaires, j’ai décollé le vingt-et-un février à dix-huit heures vingt d’Auckland, pour arriver ce même jour, quatre minutes avant, sur les bords du détroit de Magellan, après un changement d’aéronef à Santiago du Chili.

Ces longues heures de survol de l’Océan Pacifique n’avaient donc pas compté. De même, celles au-dessus du sud de la Patagonie, malgré la beauté visible des montagnes, des volcans et des glaciers, furent effacées aussitôt que le téléphone s’ajusta au nouveau fuseau. Pourtant, ces premières images des Torres del Paine annonçait une suite tout à fait agréable.

 

J’ai débarqué à Punta Arenas sans trop d’ambitions, si ce n’est de savoir que je voulais attaquer mon parcours du Chili (et de l’Amérique du Sud) par le bas, pour le remonter progressivement et sans forcément passer à nouveau par l’Argentine, visitée en différents endroits cinq ans auparavant.

Atteindre Ushuaïa, pourtant relativement proche sur la carte ne m’attirait pas vraiment. Restait donc comme grosse attraction touristique la possibilité de rendre visite à des colonies de manchots, que ce soit ceux empereurs ou de Magellan.

Après avoir appris les tarifs et mesuré mon envie de le faire, je me suis simplement résigné à passer une bonne nuit de repos et commencer à découvrir ce nouveau continent d’un point de vue pratique.

Après onze mois de voyage à l’ultra-majorité anglophone, je venais en effet d’atterrir en terre hispanophone, et bien qu’ayant eu des cours de langue à l’école, c’était un véritable redémarrage à zéro, une nouvelle plongée intégrale en zone d’apprentissage. En même temps, cela était très excitant : les règles du jeu avaient changé et l’anglais était redevenu une langue étrangère comme une autre.

Mon intérêt pour l’espagnol, que j’avais déjà par simple goût de ses sonorités, devenait maintenant plus élémentaire puisque de sa maitrise allait dépendre ma capacité à demander les choses les plus basiques (où dormir, où manger, où aller) mais aussi à communiquer de façon plus générale, et donc à échanger avec la population.

Je pense aussi que la langue influence la façon de s’exprimer, et même la façon de penser. J’avais donc hâte de voir dans quelle mesure cela allait se vérifier.

 

J’ai réalisé mes premières observations à l’aide du vélo de l’auberge, bien utile pour atteindre le mirador ou parcourir les bords de cette ville. Le vent et le peu de végétation accompagnaient cet environnement citadin, fait majoritairement de maisons en bois, à l’isolation insuffisante.

 

Dans la rue, les chiens semblaient vivre en nombre, et pour autant, tels les conducteurs locaux, absolument aucune agressivité ne se dégageait d’eux. Une belle sérénité ressortait et tous les usagers de l’espace de circulation coexistaient paisiblement, qu’ils soient à pied, en vélo ou véhiculés.

Le premier passage au marché m’a tout de suite donné un aperçu des couleurs et des formes : des légumes (oignons, tomates, etc.) bien plus gros que ceux auxquels j’étais habitué, du pain fabriqué et consommé en nombre, de la charcuterie et du fromage dont le prix était affiché pour deux cent cinquante grammes, des yaourts vendus à l’unité… Pas de doute, j’avais bien changé de continent.

Plus tard, après avoir croisé les usines de bière Austral et de boisson Coca-Cola, j’ai parcouru toute l’avenue côtière, où de nombreux monuments et fresques rappellent l’histoire de la ville.

Cette dernière est riche et principalement dépendante de l’esprit pionnier qui a soufflé ici au moment et bien après la découverte du détroit en 1520, quand les bateaux l’utilisaient pour remonter jusqu’en Californie, où la ruée vers l’or battait son plein.

Sur le port, des bateaux chargeaient leur cargaison de marchandises et d’hommes en direction de la Terre de Feu, cette île de l’autre côté du détroit.

 

Sur la Plaza de Armas, comme il convenait ici d’appeler la place centrale, des jeunes s’entrainaient à faire des figures en BMX pendant que quelques touristes observaient la statue de Fernand de Magellan, remplaçant les explorateurs et capitaines des siècles précédents.

 

J’étais en Amérique du Sud depuis quelques heures mais, déjà, un excellent sentiment s’emparait de moi…

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  1. Guy

    Salut, on pense bien a toi mais j’ai des beaucoup de problèmes pour allé sur ton blog, on voit que tes vacances se prolonges continue car tout a une fin ,a la prochaine Gérard , Martine

    • Salut,
      Oui, des pages indésirables s’ouvrent souvent à la place du vrai site. J’ai pas pris le temps de voir ce que je peux faire… c’est agaçant!
      En effet, ça se prolonge, mais pas éternellement: je vais rentrer début août… 😃
      A+

  2. Jocelyne

    Coucou Laurent je prends beaucoup de plaisir à suivre ton voyage. C est tellement beau de vivre une aventure comme celle ci. Tu m as fais rêver et je te en remercie. Grosses bises. À bientôt. Jocelyne.

    • Coucou Jocelyne ! Merci beaucoup. C’est sûr que j’ai une chance incroyable…
      De nouveaux articles arriveront bientôt, quand je prendrai le temps 😃
      À très vite ! Bisous

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